Syro-libanais

Histoire

La première vague de migration (...)

Histoire

La première vague de migration des Libanais en Guyane date de 1895. En effet, en 1860 après le massacre des catholiques maronites par les musulmans Druzes, les populations installées au Nord du Liban sont contraintes de fuir. Mais il faut attendre 1895 pour que débute l’installation des Libanais en Guyane. Les premiers arrivants sont 12. Ils sont tous originaires du village de Bazoun et quelques-uns de Zghorta.

Tous ces migrants sont des chrétiens maronites qui fuient la misère car leur métier d’agriculteur – culture de l’olive dans les montagnes, fabrication d’huile et de savon – ne peut subvenir à leurs besoins. A partir de 1920, le Liban et la Syrie sont placés sous mandat français et le bilinguisme des Libanais favorise leur installation dans les pays francophones. Ainsi, une douzaine de pionniers arrivent vers 1895 puis entre 1905 et 1910[1].

En 1931, les services des colonies dénombrent 124 libanais en Guyane dont 84 demanderont la nationalité française. Dès leur arrivée, les Libanais se sont spécialisés dans le commerce de proximité, en vendant des produits domestiques. A partir de 1945, des ils arrivent en Guyane dans le cadre du regroupement familial. Au début c’était une immigration religieuse de catholiques fuyant les persécutions, puis par la suite elle est devenue économique, pour se transformer en une immigration fondée sur le regroupement familial. 

La migration de travail est devenue une immigration fondée sur le regroupement familial dans le  but de consolider une entreprise et d’offrir ainsi à la famille de bonnes opportunités économiques.

Les familles se cotisent, vendent des terrains ou économisent durant des années afin que des hommes quittent leur terre natale pour la Guyane ou les Antilles, pour faire fortune et ensuite revenir[2].

Pendant la seconde période, entre 1920 et 1940 puis dans les années cinquante, respectivement trois puis cinq pionniers s’installent. Ensuite, il s’agira d’immigration individuelle et ponctuelle, en 1966 et en 1976.

À partir de la guerre de 1975, des musulmans s’installent. La configuration de ces migrations montre une dispersion des familles en Amérique latine – Suriname, Brésil, Argentine, Venezuela, Colombie, Bolivie –, en Amérique centrale – Mexique… –, dans la Caraïbe – Trinidad, Dominique, Martinique, Guadeloupe, Antigua, Cuba, Porto Rico – et aux États-Unis[3].

Par sa position géopolitique, le Liban a toujours été au carrefour de trois continents et le passage obligé entre l’Occident et le monde arabe, bénéficiant au surplus d’un accès vers l’Asie centrale et la Russie. Par le fait même, le pays fut maintes fois envahi et conquis par pratiquement tous les peuples du bassin méditerranéen, ainsi que par des nomades qui remontèrent la péninsule Arabique. Enfin, en raison de sa configuration accidentée, ce pays de montagnes a souvent accueilli les réfugiés de nombreuses contrées[4].

[1] DUBOST, I., 2008, « Les Libanais de Guyane : un modèle d’identifications multiples », Revue Hommes et migrations. Article issu du N°1274, juillet-août : L’espace caribéen : institutions et migrations depuis le XVIIe siècle, pp.62-75.

[2] Ibidem.

[3] Ibidem.

[4] Source http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/liban.htm

Langues

Autres noms : arabe levantin septentrional (...)

Langues

Autres noms : arabe levantin septentrional ou syro-libano-palestinien.

Dans cette langue, les mots sont rarement contractés et surtout, la lettre qāf, gutturale par excellence, ne se prononce pas. Quant à la grammaire libanaise, elle est bien plus simple que celle de l’arabe littéraire. Le libanais, le syrien, le jordanien et le palestinien sont très proches. Les différences de vocabulaire et de prononciation qui existent entre les trois dialectes restent limitées et n’entravent aucunement la communication.

Il existe plusieurs familles de dialectes comme le syro-libanais par exemple. Dans un même pays on peut trouver plusieurs variations d’un même dialecte ou plusieurs dialectes différents. Ceci s’explique car le monde arabe est très étendu (de la Mauritanie à l’Iraq) et différents peuples s’y mêlent. Le syro-libanais doit son nom à la région où il se parle.

En Guyane, les enfants issus de l’immigration libanaise des années 1940, sont trilingues : ils s’expriment en arabe, français mais aussi en créoles guyanais. L’arabe parlé par les Libanais est l’arabe oriental, il est aussi appelé « chami ».

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

Lexique

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  • Bonjour ! = Saba el her !
  • C'est délicieux ! = Tayeb Ktir !
  • Combien ça coûte ? = Edich hako ?
  • Comment appelez-vous cela ? = Chou esmo hayda ?
  • J'ai chaud = Ana mchawab
  • J'ai froid = Ana berden
  • J'ai mal là = Ana mawjouh houn
  • J'aime = Bheb
  • Je n'aime pas = Ma bheb
  • J’ai faim = Ana jouan
  • Je n'ai plus faim = Ana chbehet
  • J’ai soif = Ana itchan
  • Je comprends = Ana fhemet
  • Je ne comprends pas = Ana ma fhemet
  • Je m'appelle … = Ana esmi
  • Je vais bien merci ! = A na mnih choukran !
  • Je voudrais acheter... = Badeh echteri...
  • L'école = Madraseh
  • L'église = Kniseh
  • Le magasin = Mahal
  • L'hôpital = Mestachfa
  • La forêt = Khabeh
  • La pharmacie = Saydaliyeh
  • La Poste = Barid
  • Le fleuve = Naher
  • Le musée = Mathaf
  • Ma femme = Marteh
  • Mon mari = Zawjeh
  • Ma fille = Benteh
  • Mon fils = Ebneh
  • Ma mère = Emeh
  • Mon père = Bayé
  • Ma sœur = Ekhteh
  • Mon frère = Khayeh
  • Où habitez-vous ? = Weyn saken ?
  • Où se trouve la rue … ? = Weyn tarik ?
  • Où y aurait-il un restaurant ? = Weyn fi matam ?
  • Où sont les toilettes ? = Weyn hemem ?
  • Oui = Naam
  • Non = Kala
  • Pardon, excusez-moi ! = Afwan !
  • Pourquoi ? = Lech ?
  • Pourriez-vous parler plus lentement ? = Fik tehkeh amahlak ?
  • Qu'est-ce que c'est ? = Chou hayda ?
  • Quand ? = Aymata ?
  • Quel est votre nom ? = Chou esmak ?
  • Quelle heure est-il ? = Adech elseha ?
  • S’il vous plaît = Hamol Mahrouf
  • Un ami = Sadik
  • Une assiette = Sahen
  • Un hôtel = Foundok
  • Un café = Haweh
  • Un thé = Chai
  • Un hamac = Marjouha
  • Une chaise = Kerseh
  • Une chambre = Ouda
  • Un couteau = Sekineh
  • Un sabre = Sayef
  • Une cuillère = Malaaka
  • Le petit déjeuner = Terwia
  • Une fourchette = Chawka
  • Une pirogue = Chahtoura
  • Un piroguier = Saek al chahtoura
  • Une serviette = Fouta
  • Un verre d’eau = Kibeyet may
  • Un vêtement = Tiyab
  • Une voiture = Siyara
  • Un vélo = Bicyclette
  • 0 = sefer
  • 1 = wahad
  • 2 = tnen
  • 3 = tleteh
  • 4 = arbaa
  • 5 = ghamseh
  • 6 = siteh
  • 7 = sabaa
  • 8 = tmeneh
  • 9 = tesaa
  • Merci = Choukran

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