Saamaka

Histoire

Les Saamaka, représentent l’un (...)

Histoire

Les Saamaka, représentent l’un des six groupes Noirs Marrons. Ils forment la plus ancienne, mais également la plus importante communauté des Noirs Marrons réfugiés du Surinam. En effet, il y aurait entre 15 000 et 20 000 Saamaka répartis dans soixante-dix villages échelonnés le long de la rivière Surinam et sur les bords du lac de barrage d’Afobaka. Les octogénaires d’aujourd’hui disent souvent que le Suriname est leur « village maternel » (le socle de l’identité matrilinéaire), mais que la Guyane est leur « village paternel »[1].

Vers la fin du XVIIème siècle, les futurs Saamaca ont fui les plantations qui appartenaient, pour beaucoup, à des juifs portugais issus du Brésil. Après de nombreuses années de guerre entre les colons et les fugitifs, la paix fût accordée le 19 septembre 1762, soit un siècle avant l’abolition de l’esclavage, ce qui représentait alors un succès conséquent pour les Saamaka.

Même si les liens avec le Surinam sont, pour des raisons historiques évidentes, le rapport entretenu entre le Surinam et les Saamaka reste toutefois complexe. Par exemple, une partie des terres qui appartenaient au Saamaka a été vendue par les Hollandais sans concertation avec les populations concernées.

Les Saamaka vont s’installer de manière plus importante en Guyane dès les années 1860, car, selon eux, ce territoire français permet la possibilité d’y travailler et de s’y installer confortablement.

La fuite a  provoqué la nécessité de construire un état avec des références culturelles propres et des institutions politiques, familiales et religieuses. Dans la mesure où les fugitifs étaient encore jeunes (souvent adolescent), ils n’avaient pas pu avoir accès à la transmission de tous les codes culturels africains, issus de leurs ancêtres. Pour survivre, ils se sont donc inspirés des apprentissages émanant des peuples autochtones.

Au cours de leur migration en Guyane, certains Saamaka se sont installés avec des femmes Créoles, notamment à Mana, ce qui, en 1935 a fait l’objet d’un discours du Chef Suprême faisant état de son inquiétude face à ce phénomène, et craignait alors que les Saamaka ne subviennent plus aux besoins alimentaires des familles restées au Surinam. Ainsi, à travers différentes mesures, les autorités surinamaises ont tenté d’inciter les Saamaka à revenir au pays. En réalité, ces dispositifs n’ont eu que très peu de succès et l’absence des hommes a  créé un déséquilibre important dans les villages.

Si la polygamie avait entraîné, auparavant, une pénurie de femmes à marier, des coutumes avaient été mises en place dans le but de pallier le manque de femme : l’héritage de la veuve, dont le but est de livrer la veuve au frère du défunt, et « les fiançailles à la matrice » qui avaient pour but de trouver l’époux si l’enfant à naître était une fille. Dans un tel contexte, les femmes étaient respectées, elles changeaient d’époux si elles n’étaient pas satisfaites de leur mari. Cette coutume a été abandonnée lorsque les hommes ont commencé à migrer en Guyane. Les hommes étaient moins nombreux, et de fait, les comportements des femmes en vers leur mari ont changé : elles restent dans le village du mari.

Pendant la seconde Guerre mondiale, de nombreux Saamaka sont retournés au Surinam pour y travailler. Après, certains d’entre eux sont venus en Guyane, notamment pour la construction du Centre spatial guyanais. Désormais, ils s’occupent des transports fluviaux et travaillent le bois.

[1] PRICE, R., et PRICE, S., 2003, Culture en Guyane, Les Marrons, Editions Vent d’ailleurs, Châteauneuf-Le-rouge France, p.53.

Langues

Au moment de l’évasion dans (...)

Langues

Au moment de l’évasion dans la forêt, les Saamaka parlaient le sranan-tongo (créole à base lexicale anglaise parlé en milieu urbain au Suriname), aussi appelé le dju-tongo, qu’ils développèrent en une langue le saamaccan. Il s’agit d’un créole à base lexicale anglo-portugaise.

Les Saamaka peuvent également s’exprimer en nenge avec les autres peuples Noirs Marrons.

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

  • Wagi = voiture
  • Boto = bateau
  • Avijon = avion
  • Womi = homme
  • Mujëë = femme
  • Mii = enfant
  • Wosu = maison
  • Lespeki = respect
  • I weki nö = bonjour
  • Te u miti baka = au revoir
  • I dë nö = bonsoir
  • Söö mi nango = à bientôt
  • Mujëë mii = fille
  • Womi mii = garçon
  • Mama = mère
  • Tata = père
  • Mamate = matin
  • Ndeti = soir
  • Weisei wosu = toilette
  • Sisa = sœur
  • Baa = frère
  • Mati = ami
  • Famii/ sembë fii = famille
  • Manu = (un) mari
  • Wojo = yeux
  • Wata = eau
  • Sitaati = rue
  • Heepi = (une) aide
  • Hotëli = hôtel
  • Nöbu = numéro
  • Fëëkëtë = oublier
  • Besi = bus
  • Moni = argent
  • Siköutu = la police
  • Wooko = travail
  • Suku = chercher
  • Pampia = papier
  • Tide = aujourd'hui
  • Jeside = hier
  • Liba = mois
  • Jaa = année
  • Amajan = demain
  • Wiki = semaine
  • Munde = lundi
  • Feifidaka = mardi
  • Pikisaba = mercredi
  • Gaansaba = jeudi
  • Feeda = vendredi
  • Sata = samedi
  • Sonde = dimanche
  • Wini = gagner
  • Manda = panier
  • Dosu = boite
  • Suti sii = bonbon
  • Pëë lai = jouets
  • Tasi = sac à main
  • Sumëësuti fatu = parfum
  • Ladio = radio
  • Sesei = ciseaux
  • Andelu = bague
  • Keti = collier
  • Oloisi = horloge
  • Paazoo = parapluie
  • Basöö = balai
  • Pau = le bois
  • Sitonu = une pierre
  • Tafa = table
  • Kamba = chambre
  • A baka = derrière
  • A fesi = devant
  • Longi = loin
  • Zuntu = près
  • A liba = en haut
  • A basu = en bas
  • Kalu = maïs
  • Gaan tangi fii = merci
  • Dagu = chien
  • Pusipusi = chat
  • Tëlëfön = téléphone
  • Sëmbë = une personne
  • Töngö = langue
  • Buka = bouche
  • Wan buka = un message
  • Hedi = la tête
  • Uwii = les cheveux
  • Maun = bras/main
  • Sinkii = le corps
  • Bedi = lit
  • Sati = court
  • Langa = long
  • Bigi = grand
  • Degi = gros
  • Piki = petit
  • Japo = robe
  • Hëmpi = chemise
  • Koosu = vêtements
  • Bai = acheter
  • Paka = payer
  • Möni = monnaie
  • Sutuu = chaise