Ndyuka

Histoire

Les N’djuka (ou Djuka ou (...)

Histoire

Les N’djuka (ou Djuka ou Ndjuka) sont nés des peuples de Marrons qui ont fui les plantations de la colonie anglaise, devenue hollandaise par la suite.

Lors de la fuite des esclaves, les futurs Ndjuka s’étaient mis par petit groupe pour fuir. A l’issue de la fuite, deux stratégies de survie étaient visibles : la première reposait sur une organisation quasi-militaire, en vue de s’adapter aux éventuels attaques des colons ; la seconde  visait à maintenir des rapports avec la colonie, même s’il y avait une forte volonté de s’affranchir[1].

L’accord de paix entre les deux parties a été signé en 1761. Ce traité comportait néanmoins quelques contreparties : les Ndjuka s’engageaient à ne plus accueillir de nouveaux fugitifs au sein de leur communauté tandis que les colons s’engageaient à accorder le tribut (fusils de chasse, barils à pétrole…). Pour les Ndjuka, il s’agissait en quelque sorte d’une victoire qui obligeait les colons à leur verser une « rançon », à travers ce tribut.

Ce tribut fut abandonné en 1857 au profit de cadeaux apportés aux Ndjuka lors des visites dans les villages. Ainsi, après le traité signé, un « posthoulder », militaire issue du gouvernement néerlandais, habitait dans les villages en vue de contrôler les déplacements des Marrons, et de veiller aux respects des engagements.

Ce traité de 1761 a eu des conséquences importantes pour le peuple car ils ont été ainsi « contraints » de s’allier aux Hollandais pour pourchasser les autres fugitifs, notamment les Boni. En 1792, alors que les relations entre Boni et Ndjuka s’étaient améliorées, mais l’assassinat de Boni par les Ndjuka en 1792 détériora leur relation.

Selon Piantoni[2], « ce passé, bien que nourri dans l’histoire et l’espace communs du marronnage, reste marqué par des rapports de domination qui constitue l’origine d’une rivalité toujours vivace entre ces deux communautés ».

Les Ndjuka sont restés majoritairement au Surinam, proches des fleuves. Ce n’est que très récemment qu’ils ont migré en Guyane, notamment à la suite de la Guerre civile au Surinam. Ainsi de nombreux Ndjuka, issus du Cottica, ont migré en Guyane et se sont installés dans des camps à Saint-Laurent-du-Maroni et à Mana. A la fin de la Guerre, le Gouvernement français a souhaité qu’ils repartent au Surinam mais ce fut un échec.

A ce jour, une part importante des hommes, originaires des villages situés sur le Taphaoni, se retrouvent à migrer entre les chantiers aurifères, Paramaribo, et les villages environnants. Ce mode de vie était auparavant nommé de semi-nomadisme dans la mesure où ils parcouraient forêts et côtes. Désormais, les auteurs parlent de société « périphérique » car elle est « différente mais dépendante de celle de la côte » [3]. Ce même auteur parle d’exode rural quant aux déplacements des Ndjuka. Sur les 25 000 Ndjuka récencés, 6 000 vivent sur le Tapanahoni et 19 000 vivent à Paramaribo, la Cottica, le Maroni, et la Hollande. Pour des raisons essentiellement économiques, leur mode de vie s’est malgré tout sédentarisé.

L’immigration en Guyane des Ndjuka est donc peu importante : certains sont arrivés au moment de la construction du centre spatial, puis ont investi le secteur agricole, sylvicole et minier[4].

Comme les autres Marrons, la société Ndjuka est basée sur le matrilignage. Auparavant, la jeune fille Ndjuka recevait un pagne en guise de cadeau, et parfois il lui était attribué un abattis, ce qui lui permettait d’être reconnue comme femme.

Dans la tradition, une fois que le couple avait accepté l’idée de se marier, les familles des deux parties intervenaient à ce moment-là, et c’est l’oncle maternel du matrilignage du futur marié qui se présentait à la famille de la future épouse et leur apportait des bouteilles de rhum. Ils rappelaient alors certaines règles à respecter par les futurs époux : la fidélité de la femme, l’obligation pour la femme d’effectuer les tâches domestiques, l’engagement de l’homme pour subvenir aux besoins de sa femme (économique, abattis, pirogue). Ces tâches qui devront être réalisées par l’homme incombaient auparavant à la famille de la jeune femme. L’épouse devait donc s’entretenir et obtenir l’accord de son mari avant toutes démarches à accomplir. Le mari peut avoir plusieurs épouses à conditions qu’il ne remplisse ce même devoir pour toutes ces femmes. Si le mari n’arrive plus à assumer son devoir, l’épouse a le droit d’attaquer une rivale, qui remettrait en cause ses intérêts.

[1] PARRIS, J.-Y., 2004, Entre forêt et côte : l’inclusion négociée des Marrons ndjuka du Surinam, Autrepart, numéro 31.

[2] PIANTONI, F., 2009, L’enjeu migratoire en Guyane française, Ibis Rouge Editions, Matoury, p.167.

[3] PARRIS, J.-Y., 2004, Ibid., p.27.  

[4] PIANTONI, F., 2009, Ibid.

Langues

Les Ndyuka s’expriment en Ndyuka (...)

Langues

Les Ndyuka s’expriment en Ndyuka tongo, une des variantes du Nenge tongo (langue créole à base lexicale anglaise).

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

  • Mofu = bouche
  • Ana = main
  • Man = homme
  • Uman = femme
  • Liba = fleuve
  • Sliibi = dormir
  • Diigi = boire
  • Supen = cuiller
  • Faaka tiki = autel des ancêtres
  • Wata = eau
  • Osu = maison
  • Go = aller
  • Kon = venir
  • tifi = dents
  • Tifi = joli
  • Switi mofu = viande
  • Nyan = manger
  • Apinti = tambour parlant
  • Pakiba = récipient couvert
  • Makuku = pierres à foyer
  • Kaabasi = calebasse
  • Matapi = presse à manioc
  • Kwei = tablier de jeune fille