Lokono

Histoire

Les Lokono également appelés (...)

Histoire

Les Lokono également appelés Arawak, constituent un des six peuples autochtones de Guyane. Ils se nomment eux-mêmes Loko (Lokono au pluriel) qui signifie « être humain ». Environ 1 500, ils sont répartis sur le département dans quatre villages : Balaté et Saut-Sabbat (commune de Saint-Laurent) et Saint-Rose de Lima et Cecilia (commune de Matoury). D’autres résident en milieu urbain à Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et Matoury. Les Lokono ont une organisation sociale clanique matrilinéaire : les alliances sont exogamiques[1] de clan à clan et la résidence uxorilocale[2].

Les sept principaux clans matrilinéaires représentés en Guyane sont Maratakayu, Urasi, Biswana, Kaluafudu, Sabayo, Yubitana (ou Jubitana), Makusi (ou Makosi)[3].

Les ancêtres des Lokono sont arrivés il y a environ 2 000 ans dans les Guyanes. Le bassin de l’Amazone est considéré comme le lieu d’origine des Lokono qui se sont dispersés sur le continent, et au-delà jusqu’aux Antilles. Après l’arrivée des Européens, les Arawak des Guyanes sont les seuls à avoir survécu, dans une vaste zone réunissant les « cinq Guyanes » et s’étendant tout le long de l’océan Atlantique, de l’embouchure de l’Orénoque et celle de l’Amazone. Cette région, qui constituait un unique territoire à l’époque aborigène, a été par la suite morcelée entre les différentes entités coloniales européennes : Espagne, Hollande, France, Portugal et Grande-Bretagne. Les recherches sur les Lokono se heurtent ainsi à la complexité d’accès aux sources rédigées dans cinq langues différentes. Le dernier quart du XVIIe siècle a été marqué par les relations particulières qui se sont développées entre les Européens et les Lokono : ces derniers, en l’occurrence les populations côtières, se sont positionnés en « fournisseurs de vivres aux colons et de police des bois contre les esclaves fugitifs (en Guyane hollandaise et surtout anglaise), [ils] jouèrent un rôle de premier plan dans la colonisation »[4].

Les exigences administratives (état civil) ont généré une « double parenté, l’officielle et la réelle, l’une servant à toucher divers subsides, l’autre permettant de fonder l’alliance et la résidence, bases de la survivance de l’ethnie »[5]. Par ailleurs, la faible démographie corrélée au déficit de l’économie traditionnelle sont venus modifier le mode de résidence exclusivement uxorilocal d’autrefois. En outre, non sans regretter leur vie antérieure indépendante de cultivateur-pêcheur, les Lokono connaissent depuis plusieurs décennies le travail salarié dont ils tirent une large part de leur subsistance, complété par diverses allocations. Mais en raison d’un faible niveau scolaire des adultes, les emplois demeurent précaires, peu variés et peu gratifiants.

Depuis 1987, les Lokono bénéficient d’une Zone de Droits d’Usage Collectif (ZDUC) le long de la rivière Balaté. Cette ZDUC fait d’ailleurs l’objet de la part de certains Lokono du développement de divers projets de valorisation par des activités d’écotourisme ou d’élevage de volailles. Ainsi,  depuis 1998, les Lokono de Balaté sont propriétaires de 27 hectares cédés par l’État à l’association Hanaba Lokono qui vise à valoriser et défendre le patrimoine des Lokono.

[1] Le conjoint est choisi dans un autre clan.

[2] Le mari réside dans la famille ou le village de son épouse.

[3] Survival International, 1985, Revue trimestrielle, Juin-septembre, horizon.documentation.ird.fr

[4] Renault-Lescure O., 1985, « La question amérindienne en Guyane française », in Ethnies, vol. 1, n° 1-2, Juin-Septembre, p.19.

[5] Renault-Lescure O., 1985, Ibid., p.20.

Langues

La langue arawak est une des premières (...)

Langues

La langue arawak est une des premières langues amérindiennes à avoir été découverte par les Européens. Elle n’est aujourd’hui parlée que par une centaine de personnes en Guyane, essentiellement à Balaté (Saint-Laurent), Saint-Rose de Lima (Matoury) et Saut-Sabbat (Mana), alors qu’au Suriname et au Guyana, ils sont plusieurs milliers de locuteurs.

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

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  • Boadun = abîmer
  • Aburatun = aider
  • Abamaria = ailleurs
  • Akalemetin = allumer
  • Betherathi = ami
  • Bahi = amoureux
  • Borhoe = arbre
  • Abadun = attendre
  • Abaruku = autres, étrangers
  • Bura = avant
  • Habor = avoir honte
  • Abaro = beaucoup
  • Botoli = bouteille
  • Bukhu = cadeau
  • Arharhâ = caïman
  • Amathali = chose
  • Bodi = cimetière
  • Elma = colère
  • Rhukun = couper
  • Darhidin = courir
  • Mafaukili = crépuscule
  • Baya = danger
  • Abun = défibrer
  • Abondi = dessous
  • Adayali = dieu
  • Diâbon = discuter
  • Ashikin = donner
  • Adonkon = dormir
  • Donkon = dormir
  • Fofo = doux
  • Atudun = échapper, fuir
  • Burhutâhu = écriture
  • Anakan = embrasser
  • Boyakoro = épouse
  • Boyakili = époux
  • Aboa = être malade
  • Anin = faire
  • Ereken = faucher
  • Lutadun = fixer
  • Barhoma = fleuve Maroni
  • Beyokha = flûte
  • Fokooyo = fourmi
  • Burukun = frapper
  • Dokothi = grand-père
  • Adaba = grenouille
  • Hamaka = hamac
  • Alekhebe = heureux
  • Abali = homme
  • Bâren = immédiatement
  • Korarl = invité
  • Arhoa = jaguar
  • Dâna = jambe
  • De = je, me
  • Biran = jouer
  • Adubun = légume
  • Asabaka = léthargique, paresseux
  • Kaleme = lumineux
  • Bahu = maison
  • Manikhabo = malheureux
  • Aboyoan = manger
  • Baukili = marais
  • Barhâ = mer, lac
  • Danki = merci
  • Ememe = monstre
  • Barhâkodokodo = mouche
  • Ôdon = mourir
  • Madayali = nom de famille
  • Asan = nommer, appeler
  • Abakhoro = non
  • Boyin = nourrir
  • Denthi = oncle
  • Dâlebana = palmier
  • Abokhanoma = parfois
  • Adian = parler
  • Âkan = parler, raconter
  • Diahu = parole, mot
  • Ashan = pêcher
  • = peut-être
  • Bunun = planter
  • Hime = poisson
  • Remo = rame
  • Althin = savoir, connaître
  • Dimanun = se lever
  • Alkan = se marier
  • Anabun = se réveiller
  • Abakho = souvent
  • Abola = tabouret
  • Debo = taille
  • Kehe = toxique
  • Abunan = traquer
  • Emekhebo = travail
  • Daya = tronc, tige
  • Abaro = un/une
  • Abahan = une fois, un jour
  • Bâka = vache
  • Andun = venir, arriver
  • Dibeyo = ventre
  • Bokorho = vêtement
  • Adukhun = voir
  • Obadu = voir