Créole haitien

Histoire

La population haïtienne est la (...)

Histoire

La population haïtienne est la deuxième population étrangère la plus représentée en Guyane[1]. La plus grande partie des migrants en Guyane vient du Sud d’Haïti et plus particulièrement des départements du Sud et de la Grande Anse.

En 1492, Christophe Colomb nomma cette île Hispaniola. Elle avait alors un important couvert forestier. Elle était habitée par des Amérindiens taïnos qui furent tués ou réduits en esclavage. Ancienne colonie française, elle devient la première république noire indépendante en 1804.

Depuis, le pays a connu de nombreux régimes politiques sans jamais arriver à mettre en place un système démocratique. Des dictateurs se sont succédés, plongeant le pays dans une instabilité politique. Après 1986, les politiciens qui ont été au pouvoir ont tentés d’être plus proches du peuple.

L’économie haïtienne est essentiellement rurale et agricole, les deux tiers de la population vit en milieu rural[2] (60% de la population active et 30% du PIB). Le secteur industriel est faible et se limite au textile et aux usines d’assemblage. Les entreprises travaillant pour le secteur national survivent difficilement. Après les coups d’État militaires, les firmes étrangères qui représentaient le tiers de l’industrie du pays en 1987 ont quitté Haïti ou réduit leurs activités au strict minimum pour cause d’embargo imposé par la communauté internationale. La diaspora haïtienne participe aussi à l’activité économique, aidant souvent financièrement les membres de la famille restés au pays[3]. Enfin, les catastrophes naturelles (cyclones, tremblements de terre) plongent le pays dans une perpétuelle crise économique, renforçant la précarité de la plupart des Haïtiens ainsi contraints de migrer.

Les premières vagues d’immigration haïtienne en Guyane ont été organisées par un producteur terrien français du nom de Lili Ganot, entre 1963 et 1967. Au fil des années, l’immigration haïtienne en Guyane a pris de plus en plus d’ampleur : en 1967, 60 haïtiens sont présents, au début des années 70 ils sont 300 à 400. Ils ont été attirés par les nombreux emplois offerts lors de la construction du centre spatial et de la ville de Kourou mais le phénomène est cependant resté marginal au regard du vaste afflux de main-d’œuvre qui a intéressé la Guyane à cette époque. Cependant cela va créer la réputation de la Guyane comme terre d’emploi. À partir de 1974, le courant migratoire vers la Guyane va connaitre une véritable expansion. À cette date, la Guyane compte entre 18 et 20 000 haïtiens, soit 1/5 de la population totale[4].

Au regard de la complexité de la législation française, l’immigration haïtienne est essentiellement clandestine. Depuis l’arrivée des premiers Haïtiens en Guyane, les modes et les parcours de migration ont évolué. Dans les années 70, les Haïtiens bien qu’ayant l’intention de s’installer en Guyane rentraient sur le territoire avec le statut de « visiteur temporaire ». Selon la législation en vigueur à cette époque, leur séjour ne devait pas dépasser trois mois sur le territoire français. Nombreux sont restés en Guyane pour y vivre sans en avertir les services de l’immigration pour régulariser leur situation en Guyane. Dès lors, ils vivaient dans la clandestinité. Face au nombre croissant d’immigrés haïtiens, en septembre 1980 les autorités françaises rendent le visa obligatoire pour l’entrée de ces  ressortissants. Une nouvelle filière d’immigration va se mettre en place, passant par le Surinam car un visa surinamien est plus facile à obtenir. Cette filière est encore active en 2015.

Depuis quelques années une nouvelle filière d’immigration passe par le Brésil. Afin d’assurer leur voyage, beaucoup d’immigrés passent par des agences (« ajans » en créole haïtien), ce sont de véritables organisations avec des passeports et visas modifiés et des passeurs appelés « rakétè ». Mais de plus en plus de personnes tentent l’expérience sans passer par une « ajans ». Se laissant guider par des explications données par ceux qui ont déjà tenté l’expérience[5].

[1] www.insee.fr/fr/insee_regions/guyane/themes/antiane/…/ae54_art04.pdf, consulté le 03/03/2015

[2] olivier.maury2.free.fr/haitiadoption/presentationhaiti.htm/ consulté le 23/0315

[3] MERION, J., « Le défi haïtien : re-fonder l’Etat à partir de la décentralisation ? », Pouvoirs dans la Caraïbe [En ligne], 10 | 1998, mis en ligne le 20 octobre 2010, consulté le 17 mars 2015. URL : http://plc.revues.org/569 ; DOI : 10.4000/plc.569

[4] CALMONT, A., 1993, « Les Haïtiens en Guyane : une communauté  en voie d’intégration ? », In Espace, populations, sociétés, N°2.

[5] Maud Laëthier, « Le Surinam, passages vers la Guyane.D’un pays à l’autre dans la circulation migratoire des Haïtiens », Cahiers de l’Urmis [En ligne], 13 | 2011, mis en ligne le 12 octobre 2011, consulté le 22 septembre 2015. URL : http://urmis.revues.org/951

Langues

Le créole haïtien (langue à (...)

Langues

Le créole haïtien (langue à base lexicale française) et le français sont les deux langues officielles du pays. Cependant l’anglais y est aussi très utilisé, du fait de la présence américaine depuis de nombreuses années.

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

  • Bonjour ! = Kouman ou ye !
  • C'est délicieux ! = Li gou anpil !
  • Combien ça coûte ? = Konbyen sa koute ?
  • Comment appelez-vous cela ? = Ki jen yo rele sa ?
  • J'ai chaud = Mwen cho
  • J'ai froid = Mwen frèt
  • J'ai mal là = La a fèm mal
  • J'aime = Mwen renmen
  • Je n'aime pas = Mwan pa renmen
  • J’ai faim = Mwen grangou
  • Je n'ai plus faim = Mwen pa grangou anko
  • J’ai soif = Mwen swaf
  • Je comprends = Mwen konprann
  • Je ne comprends pas = Mwen pa konprann
  • Je m'appelle ...  = Mwen rele …
  • Je vais bien merci ! = Mwen byen mèsi !
  • Je voudrais acheter...  = Mwen ta vle achte...
  • L'école  = Lekòl la
  • L'église = Legliz la
  • L'épicerie = Magazin an
  • L'hôpital  = Lopital la
  • La forêt = Forè a
  • La pharmacie = Famasi a
  • La Poste = Lapos la
  • Le fleuve = Flèv la
  • La rivière = Rivyè a
  • Le musée = Mize a
  • Ma femme = Fanm mwen
  • Mon mari  = Mari mwen
  • Ma fille  = Fi mwen
  • Mon fils = Gason mwen
  • Ma mère = Manman mwen
  • Mon père = Papa mwen
  • Ma sœur = Sèm mwen
  • Mon frère = Frèm mwen
  • Où habitez-vous ? = Ki kote yo rete ?
  • Où se trouve la rue ? = Ki kote rièl la ?
  • Où y aurait-il un restaurant ? = Ki kotek ta gen yon restoran ?
  • Où sont les toilettes ? = Ki kote twalèt yo ye ?
  • Oui = Wi
  • Non = Non
  • Pardon, excusez-moi ! = Padon, eskize mwen !
  • Pourquoi ? = Pou kisa ?
  • Pourriez-vous parler plus lentement ? = Eske ou te ka pale pi dousman ?
  • Qu'est-ce que c'est ? = Kisa sa ye ?
  • Quand ? = Kilè ?
  • Quel est votre nom ? = Ki jen ou rele ?
  • Quelle heure est-il ? = Kilè li ye ?
  • S’il vous plaît = Souple
  • Un ami = Yon zanmi
  • Une assiette = Yon asyèt
  • Un hôtel = Yon otèl
  • Un café = Yon kafe
  • Un thé = Yon te
  • Un carbet = Yon joupa
  • Un hamac = Yon ammak
  • Une chaise = Yon chèz
  • Une chambre = Yon chanm, yon kabann
  • Un couteau = Yon kouto
  • Un sabre = Yon manchèt
  • Une cuillère = Yon kyè
  • Le petit déjeuner = Pran kolasyon
  • Une fourchette = Yon fouchèt
  • Une pirogue = Yon kannot
  • Un piroguier = Yon pasè
  • Une serviette = Yon sèvyèt
  • Un verre d’eau = Yon vè dlo
  • Un vêtement  = Yon rad
  • Une voiture = Yon machin
  • Un vélo  = Yon bisiklèt
  • 0 = zewo
  • 1 = youn
  • 2 = de
  • 3 = twa
  • 4 = kat
  • 5 = senk
  • 6 = sis
  • 7 = sèt
  • 8 = uit
  • 9 = nèf
  • Merci = Mèsi

Vidéos

Vidéos

A KOUMAN ? Tourment d'amour

CYBORG 1

CYBORG 2

GOUROU