Aluku

Histoire

Les Aluku, également appelés, (...)

Histoire

Les Aluku, également appelés, les Boni, sont un des quatre groupes de Noirs marrons de Guyane.

À l’origine, « Boni » renvoyait à des notions péjoratives telles que « brigands », « nègres en guerre » en référence au commandant qui a contribué à la fuite des esclaves et aux différentes luttes contre les colons[1]. Selon Price et Price[2], il symbolise « le caractère indomptable d’un grand guerrier qui refusa de se rendre même dans la mort ». Les Boni ont été rebaptisés à la fin du XXème siècle comme « Aluku », notamment lorsque le premier Boni a été élu conseiller général sur le canton de Maripasoula en 1979 (Antoine Abienso).

Si l’histoire des Aluku comporte quelques similitudes à celle des autres Noirs marrons, il n’en demeure pas moins qu’elle a de nombreuses particularités. En effet, après avoir été déportés d’Afrique, les esclaves, futurs noirs Marrons, ont travaillé dans les plantations au Surinam. Selon Moomou, l’année 1712, représente un tournant dans l’histoire des Noirs Marrons. Les colons avaient en effet demandé aux esclaves de partir dans les forêts, et de revenir après afin d’échapper à un taxe. C’est alors le début de la fuite pour chaque groupe d’esclaves qui ont alors revendiqué le statut d’homme libre. C’est dans ce contexte que les différents groupes de fugitifs se sont créés, en s’installant près du fleuve au Surinam. Un groupe d’entre eux s’installeront près du Cottica (Nord-est du Surinam) et seront appelés les Boni, référence au commandant qui a été très présent lors la fuite des esclaves et de la rébellion avec les Colons.

Si certains des autres groupes marrons ont rapidement signé des accords de paix, les Boni, quant à eux, ne cédèrent pas et selon Moomou, ils ont « poursuivi la résistance jusqu’à mettre en péril, le système d’économie de plantation du Surinam, qui connaissait alors son âge d’or »[3]. En effet, dès 1770, les Boni attaquent les plantations, et les postes militaires et sont désormais assimilés à des rebelles.

Deux Guerres ont éclaté entre l’armée coloniale et les Boni[4], l’armée coloniale a également dû solliciter du renfort auprès de l’armée hollandaise afin de mettre un terme à ces rebelles. A partir de 1776, les Boni ont franchi le fleuve du Maroni situé entre le Surinam et la Guyane pour rejoindre progressivement le Lawa, mais les Aluku seront trahis les Ndjuka, qui les livreront auprès de l’armée coloniale.

Vers 1860, les colons hollandais reconnaissent « l’Indépendance aux tribus de Boni ». Il s’agit désormais d’une population considérée comme sédentaire.

L’organisation sociale des Aluku repose sur la communauté, le clan et non sur l’individu[5]. Chaque individu à sa place, son rôle au sein du groupe sauf les enfants qui doivent accomplir une série de rites de passage à l’âge de la puberté avant de lui donner un rôle ainsi qu’une véritable  appartenance au sein du groupe. L’enfant occupe donc une place assez limitée. Il appartient au clan de sa mère (matrilignage avec une une aïeule fondatrice), et est sous l’autorité de son oncle paternel, le père n’ayant pas l’autorité sur l’enfant

Les Aluku créent des villages fixes appelés Kondé, ou Parndachi, mais également des habitations en périphérie du bourg, Kampu. Ces habitations n’ont pas la même structure et organisation sociale. En effet, dans les villages, on récence un capitaine, un conseil des anciens tandis que dans les Kampu, on y retrouve en quelques sortes des subdivisions en fonction de chaque habitations, appelés lo.

Selon Moomou[6], l’organisation politique repose « sur le modèle militaire colonial hollandais » dont à la tête on retrouve le chef Gran Man qui désignera au cours de sa vie son, ou ses successeur(s). Il est « juge, arbitre, conciliateur ». Il travaille alors en lien avec le Capitaine et « doivent s’occuper du travail de militaire, de commissaire de police, d’avocats, ainsi que la préservation de la culture et du respect des règles de la communauté ». Dans ce contexte, le Capitaine est un peu le sous-chef. L’État français a reconnu ses instances, et d’ailleurs il leurs fournissent leurs uniformes.

Au XIXème siècle, alors que l’activité aurifère prospère sur les fleuves de Guyane, les Aluku, et les autres Marrons, occuperont un rôle majeur puisqu’il s’agit des seuls peuples à maîtriser l’utilisation des canots. Ensuite le déclin de cette activité a entraîné des modifications dans le travail des Aluku. L’or leur avait permis de créer des contacts avec le monde extérieur, notamment avec les Créoles guyanais et les Wayana.

L’organisation familiale repose sur le matrilignage. Le mariage permet à l’homme et la femme de contractualiser des taches qui seront confiés à l’un et à l’autre. Jusqu’en 1860, le mariage entre deux personnes issues de communautés différentes était interdit mais désormais ces unions sont possibles. Par ailleurs, l’homme et la femme ne vivent pas ensemble, et restent dans leur village respectif. L’homme peut avoir plusieurs femmes (polygynie) mais doit être en mesure de permettre à chacune de ses femmes d’accéder à ses besoins primaires. Selon Hurault[7], le mariage Aluku n’engagerait pas les familles des conjoints, à la différence des Ndjuka par exemple.

La religion des Boni est spécifique à leur communauté et se rapproche de l’animisme[8]. À l’instar des Saamaka, les Aluku prient le Dieu Odun. Le religieux occupe également un rôle important avec la présence de quatre Panthéons, esprits mystiques, qui font partie intégrante de la vie des Aluku, chacun ayant une fonction spécifique. Le rite funéraire est également un trait marquant de la culture Boni.

[1] MOOMOU, J., 2004, Le Monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860). La naissance d’un peuple : les Boni, Matoury, Ibis Rouge, p.216 

[2] PRICE, R., et PRICE, S., 2003, Culture en Guyane, Les Marrons, Editions Vent d’ailleurs, Châteauneuf-Le-rouge France, p.127

[3] MOOMOU, J., 2004, Ibid. p.24 

[4] PRICE, R., et PRICE, S., 2003, Ibid.

[5] MOOMOU, J., 2004, Ibid.

[6] MOOMOU, J., 2004, Ibid. p.155.

[7] HURAULT, J., 1961, Les Noirs réfugiés Boni de la Guyane, Mémoire de l’Institut Français d’Afrique Noire.

[8] MOOMOU, J., 2004, Ibid. 

Langues

En fonction de leur histoire et (...)

Langues

En fonction de leur histoire et de leur implantation géographique, les Aluku peuvent parler plusieurs langues.

Types de langues

Langues parlées

Langue nenge tongo : créole à base lexicale anglaise

Aluku tongo, langue de première socialisation

Langue créole à base lexicale française

Créole guyanais

Créole à base lexicale néerlandaise

Sranan-tongo

Langues européennes

Français/Néerlandais, langue de scolarisation

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

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  • Bonjour ! = U miti oo !
  • Bonsoir ! = A tapu oo !
  • C'est délicieux ! = A switi baa !
  • Combien ça coûte ? = Omen a de ?
  • Comment appelez-vous cela ? = Fa we kay a sani ya ?
  • J'ai chaud = Mi waan
  • J'ai froid = Mi koo
  • J'ai mal là = Na ya, a e ati mi
  • J'aime = Mi lobi
  • Je n'aime pas = Mi án lobi
  • J’ai faim = Hangi(i) e kii mi
  • Je n'ai plus faim = Hangi(i) ná e kii mi moo
  • J’ai soif = Wata(a) e kii mi
  • Je comprends = Mi fustan
  • Je ne comprends pas = Mi ná e fustan
  • Je m'appelle = Den e kay mi …
  • Je vais bien merci ! = Mi de bun baa !
  • Je voudrais acheter... = Mi wani bay…
  • L'école = Sikoo
  • L'église = Keliki
  • L'épicerie = Wenki
  • L'hôpital = Ati osu
  • La forêt = Busi
  • La pharmacie = Aputeyki
  • La Poste = Lapostu
  • Le fleuve = Liba
  • Le musée = Museum
  • Ma femme = Mi uman
  • Mon mari = Mi man
  • Ma fille = A meyse fu mi
  • Mon fils = A a boy fu mi
  • Ma mère = Mi mma
  • Mon père = Mi ppa
  • Ma sœur = Mi sisa
  • Mon frère = Mi baala
  • Où habitez-vous ? = Pe i tan ?
  • Où se trouve la rue  ? = Pe a api de ?
  • Où y aurait-il un restaurant ? = Pe wi sa feni wan sani fu nyan ?
  • Où sont les toilettes ? = Pe a weysey oso de ?
  • Oui = Ya
  • Non = Nono
  • Pardon = Piimisi ye
  • Pourquoi ? = Fu saide ?
  • Pourriez-vous parler plus lentement ? = Gaantangi baa, taki moo saafi ?
  • Qu'est-ce que c'est ? = San na a sani ya?
  • Quand ? = O(n) ten ?
  • Quel est votre nom ? = Fa den e kay i nen ?
  • Quelle heure est-il ? = O men yuu u de ?
  • S’il vous plaît  = Gaantangi baa
  • Un ami = Wan mati
  • Une assiette = Wan peeti
  • Une auberge = Oteli
  • Un café  = Wan kofi
  • Un carbet = Wan masonga
  • Un hamac = Wan amaka
  • Une chaise = Wan sutuu
  • Une chambre = Wan shini kamba
  • Un couteau = Wan nefi
  • Un sabre = Wan hô
  • Une cuillère = Wan supun
  • Prendre le petit déjeuner = Diingi faya wata a
  • Une fourchette = Wan foluku
  • Une pirogue = Wan boto
  • Un piroguier = Wan botoman
  • Une serviette = Wan wasiduku
  • Un verre d’eau = Wan gashi wataa
  • Une voiture = Wan wagi
  • Un vélo = Wan baysigi
  • 0 = null
  • 1 = wan
  • 2 = tu
  • 3 = dii
  • 4 = foo
  • 5 = feyfi
  • 6 = sigisi
  • 7 = seibi
  • 8 = ayti
  • 9 = neygin
  • Merci beaucoup = Gaantangi fi ye baaa bigi baa

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