Ouest Afrique

Histoire

La présence des premiers Africains (...)

Histoire

La présence des premiers Africains en Guyane est liée à l’histoire de l’esclavage. Après l’abolition, les mouvements migratoires se poursuivirent dans l’optique de travail des terres, mais les Britanniques y mirent un terme, assimilant ces trajectoires à du travail dissimulé.

En 1928, 137 tirailleurs sénégalais débarquent à Cayenne à la demande du gouverneur Maillet qui veut « mettre à la raison des Cayennais » au lendemain des incidents provoqués par la mort suspecte d’un député, Jean Galmot, un homme politique « très apprécié des Cayennais »[1]. Les tirailleurs restent bien après le rétablissement de l’ordre : « Les Sénégalais se [retrouvent] isolés, loin de leur famille, ne pouvant recevoir aucune correspondance (…), peu appréciés de la population en général (…), [ils] se [contentent] d’accomplir quelques actions policières qui ne les [rendent] pas populaires ». Dès 1929, «  de nombreux rapports de police attestent des incidents entre tirailleurs et la population aux abords des salles de danse ». Les tirailleurs rencontrent des difficultés à côtoyer les femmes créoles qui les tiennent à distance sous peine d’entacher leur réputation[2].

Les troupes sénégalaises doivent maintenir l’ordre, cependant celui-ci n’a plus été troublé depuis 1928, de ce fait, jusqu’en 1946, ces troupes restent inactives. Durant toutes ces années, les tirailleurs sont maintenus dans l’isolement, ne voyant pas le départ tant promis venir. Ils sont « dès leur arrivée, l’objet de risées et de mépris à peine voilés de la part des Guyanais. Les taquineries ou les vexations [finissent] le plus souvent en bagarres, après des échanges de propos injurieux vociférés par chacun des commettants »[3]. En 1942, l’arrivée des Américains et du dollar, crée une distance importante entre les pouvoirs d’achat respectifs. «  (…) Les Guyanais qui [renient] les Sénégalais ou [manifestent] de l’indifférence à leur égard, [accueillent] avec ferveur les Américains (…) »[4], ces derniers bénéficient de préjugés positifs contrairement à ces troupes de l’Armée Française. Les tirailleurs ne cachent plus leur déception qui se transforme aisément en agressivité. Au carnaval de 1946, une bagarre mêle les troupes à la population cayennaise, « (…) pendant deux jours, toute activité [est] suspendue dans la ville, et au tableau de chasse [figurent] 7  tués, dont 2 femmes, l’une de 80 ans passés, 61 blessés »[5].

Le Gouverneur Surlemont décide dès le lendemain de la révolte de faire embarquer les tirailleurs sur le paquebot – faisant la liaison entre la Guyane et la Martinique – qui se trouve à quai[6].

Depuis la départementalisation, les migrations africaines sont observées et se sont accrues notamment depuis les années 1990. Les migrations proviennent d’Afrique et de France métropolitaine. Les flux migratoires des populations africaines sont de deux ordres : la majeure partie des migrants est légale et ils recherchent de l’emploi, des perspectives de carrières rapides ainsi que des salaires intéressants.

Les mouvements migratoires vers la Guyane sont liés à des motifs variés : l’emploi de professionnels sous représentés en Guyane tels que les médecins. Puis, on retrouve les illégaux qui sont largement minoritaires et dont l’objectif est d’atteindre la France métropolitaine.

« En fin de compte, les Africains, arrivés en Guyane depuis une vingtaine d’années, constituent, en raison des caractéristiques spécifiques de cette migration (faible importance numérique, niveau de qualification élevé, proximité phénotypique et culturelle) un groupe invisible dans la société guyanaise et même la migration illicite n’est pas stigmatisée par la population locale. […] Il ne reste pas moins vrai que, dans un pays peu peuplé et déficitaire en personnels qualifiés dans de nombreux secteurs, une plus grande sédentarisation de cette migration pourrait être un élément, parmi d’autres, d’une dynamique de développement de la Guyane »[7].

Les déplacements des personnes sans-papiers seraient identifiés par des filières passant par le Brésil, au départ de Saõ Tomé, petit archipel d’Afrique qui n’exige pas de visa au départ de ce pays pour l’entrée au Brésil, ou de Dakar ou de l’Angola.

D’autres clandestins Sénégalais, Cap Verdiens, Ivoiriens, des ressortissants de Guinée Bissau ou Ghanéens utilisent plutôt la filière par le Surinam. Le Sénégal est aussi un pays de transition pour les migrants se dirigent vers l’Europe.

Le développement de la migration illicite africaine vers la Guyane est le résultat de l’aggravation de la situation économique (comme au Sénégal) ou politique (Côte d’Ivoire) des pays africains. À cela, s’ajoute le fait que, depuis les années 2000, il devient de plus en plus difficile pour les sans-papiers de se rendre directement en France. Cependant, la migration clandestine tend, semble-t-il, à diminuer. De toutes façons, les reconduites à la frontière d’Africains sont très rares en raison du coût de l’opération et de la discrétion de ces migrants.

Les migrants d’origine africaine s’installant en Guyane sont issus de différents pays dont les trois les plus représentées sont le Sénégal, la Côte d’ivoire et le Togo. Les schémas de migrations sont bien différents des autres populations migrantes car les niveaux de qualifications élevé (enseignants-formateurs, professions médicales et paramédicales). Le profil est différents des populations africaines migrantes en Europe et se rapproche de celui des migrants qui résident aux Etats-Unis.

[1] HENRY, A., [1950] 1981, La Guyane française. Son histoire, 1604-1946, Cayenne : Le Mayouri, p.220

[2] ALEXANDRE, R., 1995, La révolte des tirailleurs sénégalais. Cayenne 24-25 février 1946, Paris : L’Harmattan, p.19

[3] ALEXANDRE, R., 1995, p.19

[4] ALEXANDRE, R., 1995, p.23

[5] HENRY, A., [1950] 1981, p.223

[6] ALEXANDRE, R., 1995, p.80

[7] CALMONT, A., 2008, Ibid

Langues

L’enquête de Calmont[1] souligne (...)

Langues

L’enquête de Calmont[1] souligne qu’en Guyane les Africains communiquent par leur langue d’origine au départ mais que rapidement le français est utilisé car il existe peu de langues africaines fédératrices.

Langues des trois pays les plus représentés en Guyane :

Pays

Langue officielle

Langues courantes

Sénégal

Français

Wolof, Diola, Malinké, Pular, Sérère et Soninké[2].

Côte d’ivoire

Français

Abron, Adioukrou, Malinké, Gouro, Koulango, Kroumen[3]

Togo

Français

Ewé, Mina… [4]

Lexique

Découvrez quelques mots de cette langue...

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  • - - - - - - WOLOF - - - - -
  • Nangadëf = bonjour 
  • Nakasoubeu si = bonsoir (vers le matin)
  • Nakah’gone si = bonsoir (le soir) 
  • Naka gondi si = bonsoir (la nuit) 
  • Dieureudieuf = merci 
  • Amoul solo = de rien 
  • Dhara = ecole
  • Kër/keur = maison 
  • Boutique (mot importé du français) = boutique 
  • Baye = papa 
  • Yaye = maman 
  • Mäggor = frère (grand)
  • Räkgor = frère (petit)
  • Mägboudjiguene = soeur (grande)
  • Räkboudjiguene = soeur (petite)
  • Kharit = ami 
  • Yoon = route 
  • Ndeyedior = droite 
  • Thiamogne = gauche 
  • Restaurant (mot importé du français) = restaurant 
  • Ndokh = eau 
  • Yéré = vêtements 
  • Dale, pore, bountou = chaussures 
  • Auto (mot importé du français) = voiture
  • Négue = chambre 
  • Wagne = cuisine 
  • Sangoukay = salle de bain (douche)
  • Wanak = wc 
  • Vélo  = vélo 
  • Dekhe = rivière 
  • Guedji = mer 
  • Alleu = forêt 
  • Niaye = brousse 
  • - - - - - - EWÉ - - - - - -
  • Déka = 1
  • Évé = 2
  • Éton = 3
  • Éné = 4
  • Aton = 5
  • Adè = 6
  • Andrîn = 7
  • Égnyi = 8
  • Assiéké = 9
  • Éwo = 10
  • Woédéka = 11
  • Woévé = 12
  • Woéton = 13
  • Woééné = 14
  • Woéaton = 15
  • Woéadin = 16
  • Woéadrîn = 17
  • Woégnyi = 18
  • Woéassiéké = 19
  • Éwui = 20
  • N'di ou moni = bonjour
  • Fiê = bonsoir
  • Baï-baï ou migadogo = aurevoir
  • O fon a = comment vas-tu ?
  • Noudoudou = nourriture
  • Adô = faim
  • Éssi = eau
  • Ahaa = boissons
  • Va = venir
  • Midjo = partir
  • Gnonnouvi ou tsougbèdjê = fille
  • Noussouvi ou dékadjê = garçon
  • Noussou = homme
  • Gnonnou = femme
  • Dévi = enfant
  • Abaa = lit
  • Eplôn = table
  • Azikpé = chaise
  • Édô = travail
  • Apétô = chef
  • Édoo = maladie
  • Agbé = vie
  • Ékou = mort
  • Ahoé = maison
  • Éhou = voiture
  • Émô = moto
  • Môdji = voyage
  • Akpé = merci
  • N'dékoukou = stp
  • Éga = argent
  • Étô = père
  • Énô = mère
  • Apou = mer
  • Awou = habits
  • - - - - - CÔTE D'IVOIRE et TOGO - - - - -
  • Brè = 1
  • = 2
  • Gbadya = 3
  • Bodî = 4
  • Ébo = 5
  • Akwa = 6
  • Akwasi = 7
  • Abya = 8
  • Abro = 9
  • Awo = 10
  • Awo bré = 11
  • Awo mô = 12
  • Awo gbadya = 13
  • Awo bodî = 14
  • Awo ébo = 15
  • Awo akwa = 16
  • Awo akwasi = 17
  • Awo abya = 18
  • Awo abro = 19
  • Apé = 20
  • Akwaba = bienvenu = bonjour
  • - - - - CÔTE D'IVOIRE et TOGO - - - -
  • Assié = bonsoir
  • Onio = aurevoir
  • Amanyé = comment vas-tu ?
  • Ésa = nourriture
  • Oka = faim
  • Na ndu = eau
  • Figosè = boissons
  • Ba = venir
  • Djo ou do ou nu = partir
  • Sé taku / mi = fille
  • Bye taku = garçon
  • = homme
  • Bye = femme
  • Ipo = enfant
  • ….KRO = lit
  • Kpakpato = table
  • Biya = chaise
  • Djossie = travail
  • Parin / mogô = chef
  • Djafoule = maladie
  • Ya foy = vie
  • Ku = mort
  • Nku = maison
  • Tuve = voiture
  • Zem = moto
  • Fraya = voyage
  • Nasé = merci
  • Bêg = stp
  • Sababou = argent
  • Nti = père
  • Ma = mère
  • Gwé = mer
  • Tradye = habits

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